
Epaves -1982
Dispersions-1983-Silex éditions
Point de suture-1989-Silex éditions
Dialogue avec les beaux-restes-1998-PUCI Abidjan
La libération de l’âme captive de la matière (tome 1 et 2)-2001-L’Harmattan
Le Chaos et l’Ordre-2003-L’Harmattan
L’art-thérapie et la résolution des conflits-2005-L’Harmattan
L’art-thérapie et l’initiation africaine-2007-Editions Cycas
L’art-thérapie et la désaliénation du Nègre-2009-Editions Cycas
Retour aux origines de la civilisation par l’art-thérapie-2010-Editions Cycas
L’existence-exil-2010-Editions Cycas
Le chacal errant -2012-Editions Cycas
La psychart-thérapie (une initiation moderne)-2012-Cycas
La psychart-thérapie (refondation du Langage)-2012-Cycas
Le monstre dévorant et le héros-2013-Editions Cycas
La re-surrection de kam-2014-Editions Cycas
Sur les pistes de l’existence-2015-Editions Cycas
La peau de léopard-2015-Editions Cycas
Retour au scarabée-2016-Editions Cycas
Psychart-thérapie-2017-Editions Cycas
Philosopher sur l’existence-2023-Editions Cycas
L’éternité ou rien-2024-Afrikhepri éditions
2025 Institut français de Côte d’Ivoire
2014 Galerie Koffi Yao- Abidjan
2004-2017 Domicile Grobli Zirignon-Abidjan
2002 Domicile Consul de France- Abidjan
1998 Congrès d’Art-thérapie-Abidjan
1995 Artothèque de Saint-Denis (Ile de la Réunion)
1994 Galerie Arts Pluriels-Abidjan
1993 Centre Culturel Français-Abidjan
1990 Espace Bin Kadi So-Abidjan
1982 Centre Culturel Français-Abidjan
1980 Université d’Abidjan
1974 Bibliothèque de Massy (France)
2025 Paris noir, au Centre Pompidou-Paris
2016 Fondation Hampaté Bah-Abidjan
2006 Château de Beauregard-Hérouville Saint Clair-France
2001 Peinture africaine-Hérouville Saint Clair
2001 Salon des Lagunes-Abidjan
1999 Arkadi-Hôtel Ivoire-Abidjan
1999 Salon des peintres ivoiriens-Musée d’Abidjan
1997 Salon de la Plume noire-La Défense-Paris
1997 Semaine des peintres ivoiriens à Atlanta (E.U)
1997 Artéfact-Hôtel Ivoire-Abidjan
1996-97 Mouvement Traces au domicile de Grobli Zirignon
1996 Dak’Art-Dakar-Sénégal
1995 Exposition itinérante SIDA à partir de Cotonou
1994 Jeux de la Francophonie-Paris
1993 Grapholies-Hôtel Ivoire-Abidjan
1986 Peintres ivoiriens-Caisse de stabilisation-Abidjan
1984 Peintres ivoiriens-Hôtel Ivoire-Abidjan
1979 Théâtre Daniel Sorano-Dakar
1979 Exposition avec W.W. Liking Hôtel Ivoire-Abidjan
1977 Journée des artiste noirs-Cité Internationale-Paris
1976 Les peintres fresnois (France)
1975-76-77 Salon International des Beaux-Arts-Grand Palais-Paris
Wan ti wan 2 : Grobli Zirignon. De Koffi Célestin Yao. 2019. Distribué par L’Harmattan.
Je m’appelle GROBLI Zirignon. Je suis né en 1939 à Gagnoa en Côte d’Ivoire. Envoyé comme boursier en 1952 en France, j’ai fait ma sixième au Lycée Bernard Palissy d’Agen dans le Lot et Garonne, j’ai passé mon bac au Lycée d’Epinal dans les Vosges en 1961.
Après une licence en philosophie à l’Université de Caen en 1966, je me suis inscrit en Maîtrise. à l’Université de Paris-Sorbonne. Candidat malheureux au concours d’agrégation de philosophie, je me suis consolé en me disant que, dans le fond, j’étais plus intéressé par l’initiation à la psychanalyse, entreprise en 1965 après avoir découvert Freud par ses écrits.
C’est sur la fin (1972) de ma cure analytique, nécessitée par mes difficultés d’insertion, que le désir me vint de m’essayer à la peinture, dans le but de liquider un symptôme résiduel (l’agoraphobie) qui résistait à la prise en charge psychanalytique. Mon intuition me disait que, avec l’activité picturale, qui mobilise tout le corps, singulièrement le système neuro-musculaire, je pourrais y parvenir. J’avais l’intime conviction que l’ « acting painting », en aidant à évacuer mes pulsions sadiques refoulées, m’aiderait à retrouver l’équilibre personnel.
Ma connaissance de la Culture africaine et de l’Art africain en particulier ont sans doute contribué à l’éveil de mon intérêt de la thérapie par l’art. Produit de l’activité initiatique au sein des « bois sacrés », l’objet d’art sanctionne le triomphe de l’impétrant sur la Nature et les pulsions pathogènes. Je ne résiste pas à la tentation d’établir un lien entre cette vocation et mon patronyme Zirignon qui signifie l’homme « possédé » par les esprits, investi de la charge sociale de libérer ses compatriotes de la persécution des démons, à l’instar des chamanes orientaux.
Toutefois la vérité m’oblige à dire que sans l’accord de ma psychanalyste, mon désir contrarié n’aurait pas abouti. Je suis reconnaissant au Docteur Solange Faladé1 d’avoir favorisé ma vocation de psychart-thérapeute en veillant à faire cette réserve : « il ne faudra pas oublier d’interroger vos productions pour savoir quels désirs inconscients vous y investissez ».
Ma passion pour l’expression picturale et mes premières œuvres attirent l’attention des connaisseurs qui me permettent de participer dans le cadre des « Salons annuels de la Société des Artistes Français » et de la « Société Internationale des Beaux-Arts » à la prestigieuse Exposition du Grand Palais des Champs-Elysées.
Ma contribution accroche la « Commission de la Création artistique » pour le fonds d’Art Contemporain, qui m’achète un tableau (Masque II), en 1976. Ce tableau accouché sous la pression de mon inconscient représente un vieil homme assis au sommet d’une Colline émergeant d’une étendue d’eau, dans l’attitude d’une profonde tristesse : seul, dans l’état de désolation du « Premier homme ».
Projection de mon état intérieur dans cette période de mon existence ou réminiscence de la « Colline primitive » de la Cosmogonie égyptienne ?
J’obtiendrai le « Prix Dumoulin d’originalité » à l’Exposition de 1977.
De 1974 à 77, je multiplie des expositions collectives et privées. Je me délecte du plaisir d’être considéré comme artiste-peintre pour être invité à des cocktails. Mais je me cramponne au conseil de ma psychanalyste : « n’oubliez pas d’interroger vos productions pour savoir quels désirs inconscients vous y investissez ».
J’ai donc pris l’habitude d’exposer dans mon salon mes dernières créations et de les interroger et j’ai la satisfaction de constater que mes progrès en psychanalyse vont de pair avec mes progrès en création artistique. En témoigne mon premier livre intitulé : « Dialogue avec les beaux-restes » aux éditions Puci Abidjan en 1998.
Apaisé et me sentant libéré de mon agoraphobie, j’écoute enfin l’appel lancinant du retour au Pays natal, après 25 ans d’absence.
Je retourne donc en Côte d’Ivoire, un peu comme le métropolitain va aux colonies, « chargé » de ma « femme blanche » et de mes enfants en bas âge, et sollicite un emploi à la fonction publique.
Je suis finalement intégré et embauché comme Psychothérapeute au « Centre de Guidance Infantile » d’Abidjan, après un trimestre de « purgatoire ». Sans prédécesseur et sans « feuille de route », il a fallu que je mette en place une structure pour aider mes petits patients, en exploitant les acquits de ma pratique personnelle.
Très vite cette prise en charge inédite dans la capitale ivoirienne connait une résonnance certaine car j’ai le plaisir de recevoir bientôt la visite d’une équipe de techniciens du « Centre culturel français » qui me propose de faire un film-documentaire sur l’art et la thérapie (film que j’ai été surpris de découvrir plus tard à « l’Artothèque » de Saint-Denis de la Réunion lors d’un séminaire sur la question).
Les difficultés inouïes de réinsertion en Côte d’Ivoire après 25 ans d’absence, sous le règne d’un autocrate m’ont obligé à approfondir ma conception de la psychart-thérapie.
Dans ma pratique à domicile, il a fallu que je trouve une technique appropriée à l’évacuation de mes pulsions sadiques réactionnelles à mes problèmes environnementaux. Il le fallait, si je voulais éviter de projeter mes angoisses sur ma propre famille et être plus à même de soutenir mes petits patients au Centre de guidance.
J’en vins donc à la conception selon laquelle les marques du sadisme (mutilations, déchirages, coupures, grattages, arrachages, etc.) constituent les éléments essentiels de l’écriture en psychart-thérapie, et que l’art officiel, obsédé par le souci esthétique, fait obstruction au projet de prise en charge par l’expression graphique. Je me démarque définitivement des artistes-peintres. Le désir le plus profond du patient « fixé anal » ne serait-il pas plutôt d’évacuer et de donner à « voir avec les yeux du corps » le monstre qui le persécute au dedans de son organisme, sous l’apparence de déchets ou de gribouillis ?
Le support artistique malmené et « fécalisé » m’apparut alors comme la « maladie évacuée » et « visibilisée ». Pour les zirignon et les komian africains le principe de la maladie est évacué avec les déjections et c’est dans celles-ci qu’il faut l’identifier et le nommer aux fins de le neutraliser.
Ma parfaite maitrise de la culture occidentale et de la tradition africaine m’a permis de faire des rapprochements entre la psychanalyse et la technique des guérisseurs et de me conforter dans ma quête de subjectivité et de « bien-être ». Car il n’a pas de création ex-nihilo et c’est en se situant dans une tradition cultuelle qu’on acquiert l’assurance et le courage de poursuivre ses recherches : apporter sa pierre au Temple de l’Esprit en cours d’édification.
Je compris qu’à l’origine l’Homme est un être aliéné dans la matière (déchets) d’où il s’est efforcé d’émerger à l’Aube de son Histoire par la technique de l’Initiation et que celle-ci étant devenue caduque dans la civilisation actuelle, il s’avérait nécessaire de lui trouver un substitut par la technique de la psychart-thérapie qui associe les apports de la psychanalyse et de l’art, selon la conception africaine qui fait de l’œuvre d’art un idéogramme (le préverbal).
L’activité artistique médiatisée par l’Esprit a pour résultat de créer une structure préverbale et de substituer le Langage au chaos informe grâce à la maitrise symbolique des pulsions de jouissance-destruction inhérentes à la Nature.
L’œuvre d’art authentique ressortit donc au Langage dont la fonction est de libérer l’Homme captif de la matière et de l’instituer « témoin » porteur de la « bonne Nouvelle », dans la désespérance de la jungle-sociale.
La « structure préverbale », Digue symbolique inaugurale que le Père-fondateur a érigée pour contenir et « inter-dire » les vagues déferlantes des pulsions (structure que méconnait la psychanalyse pour circonscrire son activité dans le champ de la Parole vide) s’avère actuellement caduque du fait de la disparition des sociétés d’initiation, ces lieux de production des objets d’art originaux (fondement du Sacré). Il en résulte la nécessité impérieuse de « refonder » le Langage par la psychart-thérapie grâce à l’activité artistique créatrice de formes préverbales pour être médiatisées par la Loi aux fins de restructurer le « Tissu » social effiloché et le sauver du processus de dé-tricotage.
Telle est, succinctement, la trajectoire de mon existence personnelle et professionnelle. Ce n’est pas l’appât du gain ni le désir de faire carrière qui m’ont amené à la psychart-thérapie. Si c’était le cas, j’aurais postulé un poste de chargé de cours à l’Université, et animé moi aussi des week-ends de formation aux coûts exorbitants. Au contraire, je dois avouer que je suis rempli d’étonnement devant tout ce tintamarre qui se fait autour d’une discipline paramédicale en quête d’un fondement théorique sûr. Pour ma part ce qui retient pour le moment mon attention et occupe mon temps, c’est l’activité créatrice et la réflexion théorique sur la psychart-thérapie, aux fins d’assurer au mieux la prise en charge de mes patients et conforter le sentiment de sécurité de mon proche entourage, confronté lui aussi à l’« angoisse de mort » que répand la très grave « Crise de civilisation » que connait l’Humanité.
Ce que j’ose souhaiter pour la psychart-thérapie, ce n’est pas l’afflux d’étudiants vers les universités, pour la soutenance de mémoires et de thèses. Je désire plutôt qu’elle attire des patients-chercheurs qui s’assument et nourrissent l’ambition d’enrichir cette pratique en prenant leur propre pathologie pour objet de cure et de connaissance.
C’est à cette condition, j’en suis certain, que l’on évitera à la psychart-thérapie de connaitre le même destin que la psychanalyse dont on dit qu’« elle ne guérit pas » et que l’Espoir se relèvera sur le monde qui l’appelle de ses vœux.
Site www. afrikhepri.org
Prochain ouvrage à paraître : La maitrise des pulsions de mort. Afrikhepri éditions

Zirignon Grobli, dans son jardin à Abidjan en 2014

Zirignon Grobli, à Paris, devant le Centre Pompidou, Beaubourg, en 2025.

Zirignon Grobli. Sans titre. 1990. Pastel sur carton, 64×49,5 cm. Collection Revue noire.
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