Les entretiens

© Marion Feldman, Paris Source D.G.

Un écrivain et sa traductrice

Entretiens avec Aharon Appelfeld et Valérie Zenatti

et


Attar ORNAN

Marion FELDMAN

Marion FELDMAN est maître de conférences en psychologie clinique – Université Paris Descartes, psychologue-clinicienne à l’O.S.E, Chercheure au laboratoire PCPP EA 4056 Sorbonne Paris Cité, Institut de Psychologie.

Pour citer cet article :

Feldman M, Ornan A, Un écrivain et sa traductrice. Entretiens avec Aharon Appelfeld et Valérie Zenatti. L’autre, cliniques, cultures et sociétés, 2014, volume 15, n°1, pp. 75-87


Lien vers cet article : https://revuelautre.com/entretiens/un-ecrivain-et-sa-traductrice/

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Ecrivain israélien, Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Il a écrit une quarantaine de livres, une quinzaine est traduite en langue française. Il a récemment publié Le garçon qui voulait dormir. Dans ce livre, il raconte l’arrivée d’un jeune homme de 14 ans, en 1946, en Palestine, confronté à une nouvelle langue, des nouveaux codes, qui tente de rester en lien avec son monde d’avant, notamment par le rêve. L’écrivain s’y révèle en funambule traversant les mondes et les langues, entre veille et sommeil.

Entretien avec Aharon APPELFELD

Jérusalem, le 9 mai 2013

L’autre : Quel est votre processus d’écriture ? Est-ce que vous prenez des notes ? Est-ce que vous rêvez ? D’où vient tout le matériau de vos livres ?

Aharon Appelfeld (AA) : Je vis toujours avec mes souvenirs. Tout est en moi. Je puise l’écriture en moi-même. C’est le matériau autobiographique qui est toujours chez moi, qui vit en moi tout le temps. Je l’utilise et à partir de là je construis un roman, une histoire, qui n’est pas exactement autobiographique mais qui est basée sur mes expériences.

L’autre : Par exemple, dans L’amour soudain, publié il y a une dizaine d’années, le personnage principal est un écrivain, Ernest, qui est atteint d’une maladie incurable. Au fur et à mesure de l’avancée de sa maladie, il se plonge dans l’écriture de sa vie et fait surgir des souvenirs. Est-ce qu’on peut dire qu’Ernest c’est vous ?

AA : Oui Ernest est un peu de moi. Il y a une petite partie de moi dans ce personnage. Il y a beaucoup des choses qui viennent d’autres personnes, comme mes parents, mon père, des oncles, de la famille, des amis que j’ai connus dont je mets une partie de leurs vies dans mon histoire. Ça c’est une fiction que j’assemble avec différentes parties. Je construis une histoire qui n’est pas ma propre histoire.

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