Les entretiens

Guy Bajoit D.G.

L’individu sujet de lui-même

Entretien avec Guy Bajoit


Gérard AMOUGOU

Gérard Amougou est enseignant au département de science politique et chercheur au CERDAP, Université de Yaoundé II, Cameroun, OMER, Université de Liège, Belgique, CriDIS/SMAG, Université de Louvain, Belgique.

de Castro, J. (1964). Géographie de la faim. Le dilemme brésilien: pain ou acier. Le Seuil.

de Gaulejac, V. (1987). La névrose de classe. Trajectoire sociale et conflits d’identité. Hommes et groupes éditeurs.

Moscovici, S. (1972). La société contre-nature. Union Générale d’Editions 10/18.

Principales publications de Guy Bajoit

Bajoit, G. (1978). Modèle culturel, idéologie et théorie de l’histoire. Recherches sociologiques, 1, 3-30. https://sharepoint.uclouvain.be/sites/rsa/Articles/1980-XI-1_02.pdf

Bajoit, G. (1988). Exit, Voice, Loyalty and… Apathy. Les réactions individuelles au mécontentement. Revue française de sociologie, 29(2), 325-345. https://www.persee.fr/doc/rfsoc_0035-2969_1988_num_29_2_2503

Bajoit, G. (1992). Pour une sociologie relationnelle. P.U.F.

Bajoit, G. (2003). Le Changement social: analyse du changement social et culturel dans les sociétés contemporaines. Armand Colin.

Bajoit, G. (2010). Socio-analyse des raisons d’agir. Études sur la liberté du sujet et de l’acteur. Presses de l’Université de Laval.

Bajoit, G. (2011). Pour une sociologie de combat. Academic Press Fribourg.

Bajoit, G. (2013). L’individu, sujet de lui-même. Vers une socio-analyse de la relation sociale. Armand Colin.

Bajoit, G. (2015). La Maison du sociologue. Pour une théorie sociologique générale. Academia.

Pour citer cet article :

Repéré à https://revuelautre.com/entretiens/lindividu-sujet-de-lui-meme/ - Revue L’autre ISSN 2259-4566

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Guy Bajoit est professeur émérite de sociologie à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (UCL) en Belgique. Sociologue engagé, ses objets de recherche sont multiples : le développement, les mouvements sociaux, le changement social et culturel, le sujet individuel, la jeunesse, la sociologie relationnelle ainsi que les modèles culturels constitutifs de la culture de l’Europe occidentale. Le paradigme de l’individu-sujet-acteur est au cœur de sa théorie sur la subjectivation et la socialisation. Dans La maison du sociologue, paru en 2015 aux éditions Academia, Guy Bajoit fait le point sur les différents concepts théoriques qu’il a élaborés et utilisés au cours de sa carrière et qui ont marqué ses analyses empiriques. Avant d’être professeur de sociologie, il a d’abord été directeur du service financier de l’université de 1961 à 1967 puis, en 1967, il a fondé et dirigé jusqu’en 1982, à l’UCL, le Secrétariat du Tiers-Monde, chargé d’octroyer des bourses à des étudiants provenant d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Il a ensuite enseigné la sociologie à l’Université de Lille, de 1982 à 1987, date à laquelle il est devenu professeur à l’Université catholique de Louvain. Il a pris sa retraite en 2002, mais est resté rattaché à l’UCL en tant que chercheur émérite.

L’autre : Peux-tu nous dire un mot sur ton enfance et ta prime jeunesse ?

Guy Bajoit : Je suis né en 1937 dans un petit village où il n’y avait pas plus de 300 personnes. Mon père était conducteur de train au chemin de fer. Il était machiniste, après avoir été chauffeur de locomotives à vapeur. Il passait sa vie à faire l’aller-retour entre Ostende et Verviers en passant par Bruxelles, Louvain et Liège, c’est-à-dire qu’il coupait toute la Belgique en deux plusieurs fois par jour. Ma mère était ménagère mais aussi couturière à domicile. Elle assemblait les pièces détachées des robes qu’une entreprise venait déposer à la maison tous les lundis. Avant le lundi suivant, il fallait qu’elle ait fini. Mes parents ont travaillé très dur pendant toute leur vie pour essayer d’économiser un peu d’argent et s’acheter une maison, qu’ils ont fini par avoir ; et surtout, pour me permettre de faire des études. Bref, je suis d’origine ouvrière et paysanne. D’une certaine manière, mes opinions politiques de gauche viennent de là. Je ne sais pas si tu connais le livre de Vincent de Gaulejac, La névrose de classe (1987). Il met le doigt sur quelque chose d’intéressant : les gens qui sont d’origine ouvrière, qui font des études et deviennent médecins ou ingénieurs, ont une sorte de complexe de culpabilité qu’il appelle « névrose de classe » parce que, d’une certaine façon, ils ont trahi leurs origines. Et pour racheter cette « faute », certains d’entre eux deviennent de gauche.

L’autre : Quel est ton parcours scolaire et quelles sont tes premières expériences professionnelles ?

GB : J’ai fait mes années d’enseignement primaire à l’école communale de Mélin, un des plus beaux villages du Brabant Wallon, et les études secondaires à l’institut Saint-Albert de Jodoigne. Au départ, ma mère voulait que je devienne instituteur au village. Beaucoup mieux encore, elle voulait que je devienne prêtre, pour rester près d’elle ! Mais mon professeur de dernière année d’humanité est parvenu à la convaincre de m’envoyer à l’Université de Louvain. J’ai décidé de devenir ingénieur commercial parce que ce professeur d’économie l’était lui-même. C’est à la suite de cette formation que je suis devenu employé, puis directeur du service financier qui s’occupait alors des deux universités, la francophone et la flamande, avant la division linguistique. Par la suite, après la division, j’ai été directeur des finances de l’UCL. Je gagnais bien ma vie : j’avais ce qu’il fallait.

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