Les entretiens

Portrait de Christian LACHAL

© Claire Mestre, Christian Lachal D.G.

L’amitié et les rencontres, itinéraire d’un psychanalyste engagé

Entretien avec Christian LACHAL

et


Christian LACHAL

Claire MESTRE

Claire Mestre est psychiatre, anthropologue, CHU de Bordeaux, co-rédactrice en chef de la revue L’autre.

Mordier, J-P. (1981). Les débuts de la psychanalyse en France 1895-1926. Petite Collection Maspero.

Perrin, M. (2004). Rêves sauvages ou rêves conformes ? Maladies, thérapies et songes dans les sociétés « traditionnelles ». L’autre, 5(1), 69-78.

Roudinesco, E. (1994) : Histoire de la psychanalyse en France, T. 1 et T. 2. Fayard.

Stern, D. (1985). Le monde interpersonnel du nourrisson. PUF.

Principales publications de Christian Lachal

Lachal, C. (2022). Enfants de Palestine : vivre en dystopie, histoire et clinique.  Dans M. Bennabi Bensekhar & M. R. Moro (eds.), Guérir des traumas de la guerre (pp. 73-99). La pensée sauvage.

Lachal, C. (2021). Du dessin libre des enfants au dessin de guerre. L’autre, 22(2), 161-171.

Lachal, C. (2020). L’enfant Mort. L’enfant Vie. Donner la parole. L’autre, 21(2), 163-176.

Lachal, C. (2016). Les limites de l’empathie : construction du mal et victimaires. L’autre, 17(2), 149-158.

Lachal, C. (2015). Comment se transmettent les traumas ? Traumas, contre-transferts, empathie et scenarios émergents. La pensée sauvage.

Lachal, C., Asensi, H., & Moro, M. R. (2008). Cliniques du jeu. La pensée sauvage.

Lachal, C. (2006). Le partage du traumatisme. Contre-transferts avec les patients traumatisés. La pensée sauvage.

Lachal, C. (2003). Mettre en place une mission de soins psychologiques ? Pourquoi ? Quand ? Comment ?  Dans T. Baubet, K. Le Roch, D. Bitar & M. R. Moro (eds.), Soigner malgré tout (pp. 21-44). Médecins sans Frontières/La pensée sauvage.

Pour citer cet article :

Lachal C, Mestre C. L’amitié et les rencontres Itinéraire d’un psychanalyste engagé Entretien avec Christian Lachal. L’autre, cliniques, cultures et sociétés, 2022, volume 23, n°3, pp. 227-237


Lien vers cet article : https://revuelautre.com/entretiens/lamitie-et-les-rencontres-itineraire-dun-psychanalyste-engage/

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C’est par une tranquille journée de décembre 2021, que j’ai rencontré Christian Lachal pour la revue L’autre. Sa maison, dominant Clermont-Ferrand, ne m’est pas étrangère: c’est un lieu de fêtes et de rencontres, connu des membres de la revue. L’hospitalité dans la clinique commence par l’hospitalité chez soi pour Christian et sa femme Claudette. Cet entretien est fidèle au style de ce psychanalyste au ton doux, amical, modeste et persévérant. Christian Lachal a marqué de son savoir et de son expérience la notion de traumatisme étudiée par le groupe Amsterdam autour de Marie Rose Moro. Il a aussi laissé une empreinte dans l’histoire de la psychiatrie clermontoise. À Bordeaux, il a longtemps accompagné l’équipe transculturelle, ainsi qu’à Bobigny comme à la Maison de Solenn à Paris et il continue auprès d’autres équipes. Son apport est inestimable et nous le remercions chaleureusement pour cette transmission.

Revue L’autre (Claire Mestre) : Je te remercie d’accepter ce passage rituel des interviews de la revue L’autre. Peux-tu, pour commencer, nous dire pourquoi et comment tu es devenu psychiatre ? Est-ce que tu connais l’origine de cette « vocation », si c’en est une ?

Christian Lachal : Ce n’est pas une vocation. Au départ, j’étais intéressé par la pédiatrie. Le choix de la médecine ? J’étais, avec un copain, assez bon en biologie. Il m’a dit : « Si on partait s’inscrire en médecine ? ». Et nous sommes allés nous y inscrire. Il faut dire que c’était en 1967 et c’était la première démocratisation de l’inscription à l’Université. C’est comme ça que je me suis inscrit en médecine. Je détestais le milieu médical à l’époque !

Revue L’autre : Et pourquoi ?

C. L. : Je suis un transfuge de classe, la médecine ne faisait pas partie du tout de mon environnement, de mon éducation, etc. C’était franchir une étape.

Revue L’autre : Tes parents auraient peut-être souhaité que tu sois médecin ?

C. L. : Non, non. Mes parents souhaitaient que je sois ingénieur. C’était, pour eux, le destin le plus noble. Médecine, ça leur semblait inaccessible.

Revue L’autre : Qu’est-ce qu’ils faisaient tes parents ?

C. L. : Ma mère ne travaillait pas. Elle était à la maison et l’a toujours regretté. Elle était secrétaire pendant l’Occupation. Après, elle a arrêté son travail pour s’occuper de ses enfants. Mon père a commencé à travailler à l’âge de quinze ans parce que son père était décédé. Après, il est devenu graveur à la Banque de France. Mon père avait perdu sa famille, ses parents. La famille du côté de ma mère, c’était des ouvriers qui possédaient des jardins. Ma grand-mère avait un sens du commerce et dès qu’elle avait un peu d’argent d’avance, elle achetait des terrains. Donc, ils cultivaient beaucoup et vendaient les légumes au marché de gros. C’était un milieu pauvre.

Revue L’autre : Tu dis que tu n’aimais pas le milieu médical. Parce qu’il était bourgeois ?

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