Note de terrain

© Collectif 2004 images Haïti Source D.G.

Haïti sous les décombres


Marie-Aude PIOT

Marie-Aude Piot est chef de clinique-assistant des hôpitaux à l’Institut Mutualiste Montsouris, Unité d’hospitalisation temps plein, 42 bd Jourdan, 75014 Paris.

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Pour citer cet article :

Repéré à https://revuelautre.com/notes-de-terrain/haiti-sous-les-decombres/ - Revue L’autre ISSN 2259-4566

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« Brutalement, un bruit terrible et tout s’ébranle. 37 secondes qui ont tout changé. Des pans de murs s’abattent, engouffrant avec eux des milliers de victimes. Puis l’effroi, un silence de mort s’abat sur (et sous) les décombres, avant que s’élève une longue plainte. Dans les minutes qui suivent, des rescapés affolés sortent, courent, s’agitent partout. Dans la panique, chacun tente de retrouver ses proches. On fouille sous les décombres avec les voisins, les amis, sans s’arrêter, pendant les jours suivants. Parfois des miracles, mais la clameur générale est au deuil. Dans les rues des chants s’élèvent, ensemble dans la prière, resserrant pour un temps les liens communautaires. Les cadavres qui jonchent les rues, l’odeur de la mort, les fosses communes emplissent les rues de Port-au-Prince. C’est pire à Léogan, épicentre du séisme. Après la catastrophe, la vie semble reprendre dans les rues. Mais cette façade courageuse n’efface pas l’horreur qui reste gravée dans les corps, dans les âmes, pour longtemps… ». Voici en quelques mots la convergence des multiples récits dont les Haïtiens m’ont fait part. Les descriptions et réflexions qui vont suivre sont le fruit d’une expérience menée entre le 3è et 7è mois au décours du séisme du 12 janvier 2010. Ce propos est teinté de la subjectivité tissée par l’environnement où baigne cette expérience : Médecins Sans Frontière, ONG de culture urgentiste, dans une équipe de santé mentale composée de 13 psychologues haïtiens, un éducateur, un travailleur social, une médiatrice culturelle, un psychologue et un ou deux psychiatres expatriés (poste que j’occupe alors). De plus, la massivité des traumatismes et le déracinement culturel ont éprouvé mes assises identitaires, se repliant à mon insu sur des déterminismes culturels, sociaux, professionnels et psychologiques façonnés par ma terre d’origine. Enfin, ma position d’énonciation dépend largement de ce que les Haïtiens rencontrés m’ont donné à voir, en résonnance avec ce que je leur renvoyais. Ce texte parle de la perte, du traumatisme, et de quelques pensées dans l’après-coup.

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