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Déformation labiale, liberté d’expression et cohésion sociale


Hervé MADJIRÉBAYE

Hervé Madjirébaye est titulaire d’un master en histoire de la philosophie obtenu en 2014 à l’Université catholique d’Afrique centrale à Yaoundé. Auteur de deux pièces de théâtre, Le prix du pardon (publié chez l’Harmattan en 2014) et Déportation rémunérée (parue chez l’Harmattan en 2016), il est également un promoteur culturel, faisant de la promotion de la littérature tchadienne (présentation de livres dans des centres culturels, lycées, bars et domiciles des particuliers) depuis 2015. Cette année, il s’est lancé dans une nouvelle aventure qui est celle de faire la promotion de la lecture intégrale des œuvres au programme du Français dans des lycées, avec pour objectif de susciter et d’entretenir le goût de la lecture chez les jeunes.

Nimrod. Les jambes d’Alice. Paris : Actes Sud ; 2001.

Martino P. Parcours africain en pays sara, Tchad 1958-1961. Peribonca ; 2017.

Ngimbi Nseka H. Tragique et intersubjectivité dans la philosophie de Gabriel Marcel. Inkisi : Mayidi ; 1981.

Sammy Mackfoy P. Mongou, fils de Bandia. Paris : Armand Colin ; 1972.

Pour citer cet article :

Madjirébaye H. Déformation labiale, liberté d’expression et cohésion sociale. L’autre, cliniques, cultures et sociétés, 2018, volume 19, n°3, pp. 356-360


Lien vers cet article : https://revuelautre.com/actualites/deformation-labiale-liberte-dexpression-et-cohesion-sociale/

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La déformation labiale est une forme de « mutilation » des lèvres et de la denture pratiquée aussi bien au Tchad qu’à travers un certain nombre de pays africains et américains. Les « victimes » de cette pratique se comptent beaucoup plus parmi les femmes que chez les hommes. D’où l’utilisation du terme « Femmes à plateaux » – en référence aux labrets1 qu’elles portent – dans la plus part des analyses faites à ce sujet. De ces analyses, il se dégage un certain nombre d’hypothèses parmi lesquelles, la protection des femmes contre la prédation des esclavagistes ou les mauvais esprits, la fonction esthétique, la marque de différenciation sexuelle, un signe d’appartenance au groupe ethnique, une mesure médicinale, etc. Une autre hypothèse qu’on pourrait avancer est la préservation de la cohésion sociale en privant les femmes de la liberté d’expression dont elles auraient plus de mal à jouir que les hommes.

Quand bien même la pratique de la déformation labiale au Tchad n’est visible de nos jours que chez de rares individus du deuxième et du troisième âge, notamment chez les Sara-kaba au sud-est, les Toupouri et les Massa au sud-ouest, le sujet me semble encore d’actualité, car l’hypothèse qui, de mon point de vue, sous-tend également cette pratique est d’actualité.

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  1. Il semblerait que des labrets façonnés dans la pierre remontent à l’âge néolithique et ont été découverts au Tchad.

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