
Coordination : Fatima Touhami & Malika Mansouri
Envoyer les contributions aux adresses suivantes : fatima.fz.2016@gmail.com et malika.mansouri@univ-paris13.fr
Propositions de contributions à transmettre le 30 juin 2026 au plus tard
A l’instar de nombreux pays, la société française est gangrénée de radicalisation violente à référentiel politico-religieux.
Le rapport d’information déposé par l’assemblé nationale, du 27 Juin 2019, par les députés Eric Diard et Eric Pouillard, parle de la radicalisation, comme d’un phénomène protéiforme et complexe, aux facteurs multiples. Ce rapport rappelle : « qu’il est particulièrement difficile de définir ce qu’est la radicalisation » (2019, p 9). Ce terme en effet, peut définir à la fois un processus dans lequel un individu est totalement convaincu par une idéologie mais également un processus menant à la violence, le premier ne menant pas forcement au second » (Ibid.).
La particularité de cette terminologie tient au fait qu’elle concerne spécifiquement la dite radicalisation religieuse au détriment des radicalisations politiques, pourtant prolifiques. Les médias, influencés par des considérations économiques et/ou politiques semblent choisir de mettre en lumière certains sujets plutôt que d’autre en lien avec leur ligne éditoriale ou leur audience. Par ailleurs, des enjeux de stigmatisation des acteurs désignés sont susceptibles d’influencer la façon dont ces phénomènes sont parlés dans l’espace social.
Ainsi, la radicalisation ou la suspicion de radicalisation continue d’être au centre des préoccupations après les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, en 2015, à animer la société et à impulser « l’épreuve du soupçon islamique » qui se déclinent par d’autres signifiants : « séparatisme » et « entrisme » alimentant, toujours, une polarisation entre « eux » et « nous » en plus d’une assignation à une catégorie délétère nommée « ennemis de l’intérieur ». C’est ce qui fait le nid des malentendus, des discriminations et des violences à l’égard des enfants issus du colonial et d’autres : les plus vulnérables, ceux perdus par la république.
Au sortir de la psychose générale et de l’état d’urgence , des chercheurs, des cliniciens ont développés des actions cliniques, des recherches en sciences sociales, en médecine et en psychologie.
Ils ont aussi écouté les jeunes radicalisés, les professionnels qui les accompagnent (psychologues, médecins, et travailleurs sociaux) dans le cadre de supervision d’équipes ou de travaux de recherches à la PJJ, à l’Ase ou dans les services d’accompagnement dédiés au retour de zone par exemple.
Ce numéro sera l’occasion de faire un retour d’expérience de ce que l’on peut en dire aujourd’hui à la lumière des travaux actuels et de l’implication des sciences sociales sur ces nouvelles questions de société qui rassemblent à la fois le collectif et l’intime, c’est-à-dire la construction du je dans un espace social comme lieu de tension et d’affrontement des dominations. Il permettra aussi de nommer et d’appréhender les radicalités politiques et les mouvements de la jeunesse vers des extrêmes qui polluent la cité et ses citoyens et révèlent de vieilles chamailleries de l’Histoire qui ne passe pas. Les chercheurs, les cliniciens et l’ensemble des professionnels proposent une réflexion autour de ces questions cruciales afin de bien accueillir et accompagner nos adolescents et leurs familles dans toutes leurs diversités.
Il s’agit aussi de permettre aux différents professionnels des grilles de lecture multiples et complexifiées pour mieux appréhender ce phénomène.
© 2025 Editions La pensée sauvage - Tous droits réservés - ISSN 2259-4566 • Conception Label Indigo