Appel à contribution

Dossier : Secrets, non-dits

Coordination : Hawa CAMARA & Silvina TESTA

Envoyer les contributions aux adresses suivantes : hawa.camara@aphp.fr, silvinatesta@gmail.com et mariette.plagne-ext@aphp.fr

Propositions de contributions à transmettre le 07 septembre 2026 au plus tard

Argumentaire

« Ne le dis surtout pas ! », « Ici tu peux le dire mais pas là-bas, ils ne comprendront pas », « S’ils savaient… », autant d’injonctions qui renvoient à une construction singulière de secrets et de non-dits dans les multiples scénarios ayant trait à la migration. En effet, dans certaines sociétés les secrets fascinent, dans d’autres il est inconcevable même de les nommer. Mais, dans toutes, ils jouent un rôle essentiel dans la construction de soi (Aulagnier, 2009 ; Cazorla & Jacobi, 2011) et dans la transmission entre générations (Tisseron, 2011), surtout dans les contextes migratoires et pluriculturels où les repères, les récits et les appartenances se transforment. Ils marquent autant les vies individuelles que les histoires familiales, communautaires ou politiques (Zémpleni, 1996).

Si dans certaines sociétés, le secret possède une puissante valeur symbolique et confère une force sociale et/ou rituelle structurante ; dans d’autres, il renvoie à la honte, au traumatisme ou au silence imposé. Parfois, ici et ailleurs, c’est toute une histoire familiale qui est condamnée au silence. La polysémie du silence, en ce qu’il évoque aussi bien l’indicible que la souffrance, peut reléguer à l’écart une partie ou la totalité d’une histoire familiale. Dans la migration, ces mécanismes peuvent être amplifiés, bousculés ou renforcés. En clinique transculturelle, les professionnels rencontrent souvent des récits fragmentés, des silences chargés d’histoires indicibles, des pactes familiaux tacites, des traumatismes dissimulés ou des savoirs initiatiques préservés. Ces situations questionnent la position du thérapeute, le cadre de soin, les dispositifs de médiation, ainsi que la possibilité même de dire et de témoigner.

Ce dossier propose d’explorer les multiples formes que prennent les secrets et les non-dits dans les pratiques, les institutions et les systèmes symboliques. Il cherche à comprendre la place du secret dans la migration, comment il se crée, se construit et se structure. De quelle manière les cadres culturels codent-ils et définissent-ils ce qui peut ou doit être tu ou dissimulé ? À quel moment et dans quelles circonstances la parole peut être libérée, si révélation du secret il y en a ? Quelle place occupent les secrets dans la transmission entre générations, dans les parcours migratoires, dans les rituels ou dans le soin psychique ? Comment le non-dit agit-il sur les individus, les familles ou les communautés ? Qu’en est-il du secret et de ses enjeux dans la transmission du lien ? Et comment les cliniciens, soignants, travailleurs sociaux ou médiateurs culturels peuvent-ils travailler avec ces zones d’ombre sans les forcer ni les sacraliser ?

La longueur des articles ne doit pas excéder 35.000 signes (espaces compris), incluant les références bibliographiques et un résumé de moins de 1000 caractères. L’article doit être structuré de la manière suivante : introduction, exposé du problème, méthode, résultats, discussion, conclusion. Les notes de bas de page sont limitées. Le résumé doit impérativement suivre ce plan : introduction, méthode, résultats, discussion, conclusion. Le résumé sera traduit en anglais, si possible en espagnol, ou dans une langue supplémentaire si vous le souhaitez.

Cinq à dix mots-clés doivent être proposés, ceux-ci seront choisis dans le thesaurus Santé Psy d’Ascodocpsy : https://www.ascodocpsy.org/santepsy/?lvl=cmspage&pageid=6&id_rubrique=95

Idées de thèmes possibles à aborder :

Les secrets familiaux, les secrets autour de deuils et de maladies, les secrets liés aux violences et déplacements forcés, les secrets initiatiques /thérapeutiques, les non-dits inter et transgénérationnels, les secrets protecteurs et les secrets destructeurs, les secrets dans la littérature de l’exil…

Bibliographie citée

AULAGNIER, Piera. (2009). « Le droit au secret : condition pour penser ». Dans La pensée interdite (pp. 141-157). PUF.

CAZORLA, C., & JACOBI, B. (2011). « Place et statut du secret dans l’œuvre de Freud », Le carnet psy, 4(153), 33-41.

TISSERON, S. (2011). Les secrets de famille. PUF.

ZEMPLENI, A. (1996). « Savoir taire. Du secret et de l’intrusion ethnologique dans la vie des autres ». Gradhiva, 20, 23-42.

 

Autres Appels à contribution

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