Débat

© Runar Pedersen Holkestad Unfair, 21 mai 2013, Brandvik, Comté de Sor-Trondelag, Norvège Source (CC BY 2.0)

Bien traiter l’enfant, c’est le reconnaître en tant qu’humain comme les autres, dans sa culture et dans ses droits

A propos du livre de Daniel DELANOË : Les châtiments corporels de l’enfant : une forme élémentaire de violence*


Christian LACHAL

Christian Lachal est Psychiatre, pédopsychiatre et psychanalyste à Clermont-Ferrand, Ex-consultant International pour MSF, Chargé de cours à l'Université de Paris XIII, attaché à l'Hôpital Avicenne, Bobigny, membre du comité de rédaction de la revue L'autre.

Pour citer cet article :

Lachal C. Bien traiter l’enfant, c’est le reconnaître en tant qu’humain comme les autres, dans sa culture et dans ses droits. A propos du livre de Daniel DELANOË : Les châtiments corporels de l’enfant : une forme élémentaire de violence. L’autre, cliniques, cultures et sociétés, 2018, volume 19, n°2, pp. 236-243


Lien vers cet article : https://revuelautre.com/debats/bien-traiter-lenfant-cest-le-reconnaitre-en-tant-quhumain-comme-les-autres-dans-sa-culture-et-dans-ses-droits/

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Daniel Delanoë est un praticien engagé : dans sa clinique, dans les questions qui en émergent : il va jusqu’au bout de ses interrogations, pas pour en faire des théories, mais pour parvenir à un résultat pratique : par exemple inciter les pouvoirs à se saisir de cette proposition : changer le droit et son application. Les châtiments corporels sur les enfants continuent, dans de nombreux pays mais en France aussi, à faire partie des méthodes éducatives. Ce n’est pas un fait de psychopathologie, réservé aux spécialistes de l’enfance : c’est un fait social. Il faut donc que chaque société les interdise, et assortisse cette interdiction de campagnes d’information régulières.

Pourquoi ? L’auteur le dit de plusieurs façons, que nous reprendrons dans le détail. Il s’appuie d’abord sur sa clinique personnelle, ouverte aux cultures et à l’approche transculturelle : son premier regard part de là, des rencontres avec des enfants châtiés, avec les mêmes devenus adultes, avec des parents qui pratiquent les châtiments corporels et le revendiquent, l’avouent, veulent changer « ça ».

Mais comme il s’agit d’un fait social, il étaye ses raisonnements sur des enquêtes, des témoignages, l’histoire, l’ethnologie. C’est la démonstration scientifique, obtenue par de nombreuses études qui nous ont montré que les châtiments corporels induisent de la souffrance et de la violence sur les enfants, qu’ils intériorisent cette violence et que cela perturbe leur plein épanouissement, c’est cela qui constitue un argument irréfutable. Chacun, parent, éducateur, médecin, psychologue doit se ranger : ce n’est plus la conviction, la croyance, l’expérience personnelle qui comptent, ce sont les résultats de la recherche.

Cela amène à considérer l’enfant comme un sujet, voire un citoyen, et pas comme un objet qui appartiendrait : à ses parents, à l’Etat, à une idéologie. C’est d’abord la notion-même de « nature  » de l’enfant qui est interrogée, nature dont on fait usage de façon abusive puisque l’enfant est, d’abord, un être social, qui trouve sa définition, son ontologie dans le cadre de ses relations aux autres et du contexte culturel dans lequel il grandit.

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