Nouvelles parentalités en contextes musulmans ?

Enfants sans parage, légitimité et continuité transgénérationnelle du nasab

Saskia WALENTOWITZ

Saskia Walentowitz est chargée de recherche Ambizione (Fonds national suisse de la recherche scientifique), Institut d'anthropologie sociale, Université de Berne.

Walentowitz, Saskia, sous presse, Germanité, alliance, filiation. Dynamiques autopoïétiques de la parenté touarègue, in P. Bonte, E. Porqueres i Gené, J. Wilgaux (éds.), L’argument de la filiation aux fondements des sociétés européennes et méditerranéennes, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, pp. 107-137.

Walentowitz, Saskia, 2011, Women of Great Weight. Fatness, Reproduction and Gender Dynamics in Tuareg Society, in S. Tremayne & M. Unithan-Kumar (éds.), Fatness and the Maternal Body. Women’s Experiences of Corporeality and the Shaping of Social Policy, New York, Oxford, Berghahn Books, pp. 71-97.

Pour citer cet article :

https://revuelautre.com/colloque/intervention-colloque/nouvelles-parentalites-en-contextes-musulmans/

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Qu’en est-t-il des “nouvelles parentalités” en contextes de jurisprudence islamique, où la légitimité du mariage reste la pierre angulaire de la transmission (paternelle) des patronymes et de la continuité transgénérationnelle du nasab ? Quid des réformes relatives à l’adoption simple et plénière dans les situations contemporaines, où la conjugaison entre violences collectives et prééminence du lien agnatique privent de nasab un nombre vertigineux d’enfants ?

Dans cet exposé, nous allons expliciter l’ontologie du nasab qui n’est pas synonyme de “filiation” au sens anthropologique classique ou contemporain du terme. L’hypothèse est que le nasab constitue un réseau de parenté ouvert, fondé sur le rapport de germanité (frère-frère ou frère-sœur selon les contextes). Il est le résultat réitéré de dynamiques transgénérationnelles d’alliances, combinant des mariages par permutation entre fratries dans la proximité et dans la distance généalogiques. En raison du caractère transgénérationnel de ces dynamiques, qui créent et recréent rétrospectivement l’origine comme point d’aboutissement, il n’y a point de nasab sans légitimité (paternelle) et vice versa. Ce constat permet de mieux comprendre les limites des réformes juridiques actuelles relatives au statut personnel, et notamment à l’adoption plénière interdite en islam. Les réformes soient respectent cet interdit et n’interviennent néanmoins que sur le plan intergénérationnel (en acceptant la transmission du nom par la mère, par exemple), soit créent une double normativité juridique ou accepte la création d’un nasab parallèle. Cependant ce dernier cas ne garantit pas l’intégration sociale de l’enfant dans un réseau transgénérationnel ou “parage” à cause de la prééminence culturelle du lien agnatique.

Télécharger la présentation de Saskia Walentowitz et Edouard Conte : Nouvelles parentalités en contextes musulmans ?


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