Article original

Le métissage dans le judaïsme

Représentations, paradoxes et réalités


Yoram MOUCHENIK

Yoram MOUCHENIK est Psychologue-clinicien. Membre du comité de rédaction de la revue "L’autre". Professeur en psychologie clinique interculturelle à l’Université Paris 13. Responsable de l’équipe de recherche en psychologie inter et transculturelle du Laboratoire URTPP.

Pour citer cet article :

Mouchenik Y. Le métissage dans le judaïsme. Représentations, paradoxes et réalités. L’autre, cliniques, cultures et sociétés, 2008, volume 9, n° 3, pp. 415-425


Lien vers cet article : https://revuelautre.com/articles-originaux/le-metissage-dans-le-judaisme/

Le métissage dans le judaïsme. Représentations, paradoxes et réalités

À première vue, cette association de mots, judaïsme métissé, serait un non-sens puisque la définition même du judaïsme orthodoxe en serait sa clôture très stricte. On pourrait parler dans le judaïsme d’une obsession de la séparation. Le pur et l’impur, le sacré et le profane, le licite et l’illicite. Marie Douglas dans son livre De la souillure évoque dans son chapitre sur les prescriptions alimentaires des Lévitiques dans la Bible hébraïque de «l’interdiction qui pèse sur les Hybrides». Il est utile de s’interroger sur cette tension entre une culture juive, historiquement, profondément métissée et une identité religieuse qui se déclare ou se voudrait imperméable. Cette contradiction sera peut-être à rechercher du côté d’un façonnage historique et cet effort pour assurer à un groupe défini comme peuple en exil une continuité religieuse et une identité collective dans ce que l’on a coutume d’appeler la Diapora. Le métissage dans le judaïsme est une constante, pour un peuple en Judée et en diaspora qui a survécu dans cette identité dans un mélange de persévérance de l’identité et de sa transformation constante. Chez les Juifs, en France, un mariage sur deux est un mariage mixte, c’est-à-dire dont l’un des conjoints n’est pas juif. Dans le judaïsme, la catégorie «métis» n’existe pas. Quand l’identité culturelle et religieuse des enfants nés ou à naître est antagonistement importante pour les deux parents de religions différentes et/ou pour l’enfant qui grandi, vont se poser les questions de l’affiliation et, dans certains cas, ce que l’on peut appeler les souffrances de l’affiliation ou de l’identité.

Mots-clés : Judaïsme, métissage, identité, affiliation.

Interbreeding and Judaism

At first, this association of words, Judaism and interbreeding, is a nonsense since the orthodox definition of Judaism would be its very strict enclosure. We could talk of an obsession of separation in Judaism. Pure and the impure one, holy and secular, licit and illicit. Marie Douglas in her book Purity and danger underlines in her chapter on food rules in the Hebraic bible “the prohibition on the Hybrids”. It is useful to wonder about this tension between a Jewish culture, historically, deeply mixed and a religious identity which presents itself like impermeable. This contradiction is to be examined from its historical shaping and this effort to ensure to a group in diasporic exile a religious continuity and a collective identity. Jewish people in diaspora survived in their identity in both perseverance of this identity as well as its constant transformation. For Jewish, in France, one marriage on two is an interfaith marriage. When the cultural and religious identity of the children born or to be born are antagonistement important for the two parents of different religions and/or for the child, affiliation will be put in questions with in certain cases identity distress.

Keywords: Judaism, interbreeding, identity, affiliation.

El mestizaje en el judaísmo. Representaciones, paradojas y realidades

A primera vista, esta asociación de palabras: «judaísmo mestizo» carecería de sentido ya que la definición misma del judaísmo ortodoxo implica un hermetismo que excluye toda posibilidad de mestizaje. Se puede decir que en el judaísmo hay una obsesión con la separación. Lo puro y lo impuro, lo sagrado y lo profano, lo lícito y lo ilícito. Mary Douglas en su libro «La mancha» habla, en el capitulo sobre las exigencias alimentarias en el Levítico de la Biblia hebraica, de «la prohibición que pesa sobre los Híbridos». Es pertinente la pregunta acerca de esta tensión entre, por un lado una cultura judía histórica y por otro lado, una identidad religiosa que se declara o se quisiera impermeable. Esta contradicción puede estudiarse del lado de una elaboración histórica tendiente a identificar a un grupo definido como pueblo en exilio, una continuidad religiosa y colectiva en, lo que comúnmente se ha llamado, diáspora. El mestizaje es constante en el judaísmo. El pueblo de Judea en diáspora ha sobrevivido, mezclando la perseverancia y la identidad, pero al mismo tiempo es un pueblo en constante transformación. La mitad de los matrimonios entre los judíos franceses son mixtos, es decir, que uno de los cónyuges no es judío. En el judaísmo la categoría mestizo no existe. En un ambiente en el que son importantes las cuestiones sobre la afiliación y la identidad cultural y religiosa, tanto para cada uno de los padres de religión diferente como para los hijos (nacidos o por nacer, de manera antagónica no franceses), puede aparecer también el sufrimiento ligado precisamente a las mismas cuestiones.

Palabras claves: Judaísmo, mestizaje, identidad, afiliación.

À première vue, cette association de mots, judaïsme métissé, serait un non-sens puisque la définition même du judaïsme orthodoxe en serait sa clôture très stricte. On pourrait parler dans le judaïsme d’une obsession de la séparation. Le pur et l’impur, le sacré et le profane, le licite et l’illicite.


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