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La langue de l’autre dans la psychothérapie en situation d’exil et de traumatisme

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Wilmer HERNANDEZ-ARIZA

Wilmer Hernandez-Ariza est psychiatre, service de psychopathologie de l’enfant, de l’adolescent, et de psychiatrie générale, Hôpital Avicenne (APHP), Université Paris 13 EA3413.

Thierry BAUBET

Thierry BAUBET est professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’université Paris 13, chercheur à l’INSERM U1178, chef du service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, psychiatrie générale et addictologie spécialisée, Hôpital Avicenne, 125 route de Stalingrad, 93009 Bobigny Cedex.

Mohand AMEZIANE ABDELHAK

Mohand AMEZIANE ABDELHAK est Psychologue clinicien, service de psychopathologie de l’enfant, de l’adolescent, et de psychiatrie générale, Hôpital Avicenne (APHP), Université Paris 13 EA3413.

Sara LOPEZ

Sara Lopez est psychiatre, service de psychopathologie de l’enfant, de l’adolescent, et de psychiatrie générale, Hôpital Avicenne (APHP), Université Paris 13 EA3413.

Marie Rose MORO

Marie Rose MORO est professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université de Paris-Descartes, chef de service de la Maison de Solenn, Maison des adolescents de Cochin. Chercheure au PCPP EA 4056 Sorbonne Paris Cité, Institut de Psychologie et CESP, INSERM.

Pour citer cet article :

Ameziane Abdelhak M, Moro MR, Lopez S, Baubet T, Hernandez-Ariza W. La langue de l’autre dans la psychothérapie en situation d’exil et de traumatisme. L’autre, cliniques, cultures et sociétés, 2008, volume 9, n° 3, pp. 401-413


Lien vers cet article : https://revuelautre.com/articles-originaux/la-langue-de-lautre-dans-la-psychotherapie-en-situation-dexil-et-de-traumatisme/

La langue de l’autre dans la psychothérapie en situation d’exil et de traumatisme

L’analyse des rencontres en consultation psychiatrique avec une femme tchétchène demandeuse, avec sa famille, de l’asile politique en France, permet d’avoir un regard général de la clinique de cette population qui devient de plus en plus importante avec les enjeux géo- politiques d’actualité, et aussi un regard sur une particularité qui n’est pas qu’une anecdote, de sa prise en charge: ne parlant pas le français, et refusant la présence d’un interprète russophone, elle utilise la langue espagnole comme un outil pour la rencontre thérapeutique. L’analyse en profondeur de cette aventure linguistique sous la perspective du psycho-traumatisme, en faisant un parallèle avec le travail de réflexion fait par Janine Altounian dans son ouvrage nous mène à des hypothèses pouvant éclairer le processus par le quel l’indicible d’un trauma peut se rendre énonçable.

Mots-clés : Tchétchénie, exil, asile politique, réfugié, traumatisme psychique, linguistique.

Other’s language in trauma and exile psychotherapy

Analysing the psychiatric consultations of a Chechen woman applying for French political asylum with her family provides a general perspective of the care provided to the Chechen population, which has become more significant in the light of current geopolitical issues. It also gives perspective on a significant particularity relating to this patient’s care: while she did not speak French and refused the presence of a Russian interpreter, she proceeded to use Spanish as a tool for the therapeutic meeting. We performed an in-depth study of this linguistic adventure from a psychotraumatic perspective, and drew a parallel with Janine Altounian’s reflexive work. This study leads us to several hypotheses, which gives insight into the process whereby the unspeakable becomes enunciable.

Keywords: Chechnya, exile, political asylum, refugee, psychic trauma, linguistics.

El idioma del otro en la psicoterapia en situación de exilio y de trauma

El análisis de los encuentros terapéuticos con una mujer chechena en proceso de solicitud de asilo político en Francia, permite tener una mirada global de la clínica de la población que solicita asilo que, teniendo en cuenta el escenario geopolítico actual, cada vez es más numerosa. Principalmente se hace énfasis en una situación particular de la atención de esta paciente y que esta lejos de ser simplemente una anécdota: al no hablar francés y al oponerse a la presencia de un intérprete rusófobo, ella decide utilizar durante las consultas el español como una herramienta que permite los intercambios terapéuticos. El análisis exhaustivo de esta aventura lingüística bajo la perspectiva del psicotraumatismo, haciendo un paralelo con el trabajo de reflexión de Janine Altounian en su libro Sobrevivir: traducir el trauma colectivo nos lleva a hipótesis que pueden aclarar el proceso por el que lo indecible de un trauma puede por fin ser enunciado.

Palabras claves: Chechenia, exilio, asilo político, refugiados, traumatismo psíquico, lingüística.

La France est l’un des principaux pays de destination des familles demandant l’asile politique et celui qui a reçu le plus de candidats à l’asile en 2004, avec environ 61600 demandes, supplantant ainsi les États-Unis, passés de la première place en 2003 à la deuxième en 2004 avec environ 52400 demandes.


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