Article de dossier

« L’enfant qui n’a pas atteint son lieu »

Représentations et soins autour des prématurés chez les Touaregs de l’Azawagh (Niger)


Saskia WALENTOWITZ

Saskia Walentowitz est chargée de recherche Ambizione (Fonds national suisse de la recherche scientifique), Institut d'anthropologie sociale, Université de Berne.

Pour citer cet article :

Walentowitz S. « L’enfant qui n’a pas atteint son lieu » Représentations et soins autour des prématurés chez les Touaregs de l’Azawagh (Niger). L’autre, cliniques, cultures et sociétés, 2004, volume 5, n°2, pp. 227-241


Lien vers cet article : https://revuelautre.com/articles-dossier/lenfant-qui-na-pas-atteint-son-lieu/

« L’enfant qui n’a pas atteint son lieu ». Représentations et soins autour des prématurés chez les Touaregs de l’Azawagh (Niger)

L’auteur explore dans cet article les représentations et soins autour de l’enfant prématuré chez les Touaregs de l’Azawagh au Niger. L’analyse de la théorie touarègue de la procréation et du développement fœtal montre que l’arrêt précoce de la grossesse (fausse-couches et naissances prématurées) résulte dans cette société d’un manque d’honneur masculin portant atteinte à l’âme sensible du fœtus. L’ensemble de ces représentations s’inscrit dans le cadre des rôles féminin et masculin dans la société, associant la femme à l’intérieur protecteur et l’homme à l’extérieur dangereux non domestiqué. En étudiant les métaphores de l’utérus assimilé à une tente ou à une outre en peau, il apparaît que le traitement particulier du corps du prématuré par de l’eau contenant du tannin rétablit symboliquement le pouvoir procréateur féminin mis à mal et restaure l’image de la matrice comme un espace inviolable, base indispensable pour toute vie.

Mots-clés : Touaregs, Azawagh, grossesse, fausse-couche, prématuré, âme, rite, tente, tannage, outre.

The child who did not reach his place. About the treatment of prematurely born infants amongst the Azawagh Twareg (Niger)

According to the Twareg theory of procreation and fetal development, a spontaneous interruption of pregnancy (miscarriage, premature birth) is caused by a lack of honor through men, harming the sensitive soul of the fetus. This assumption is linked to the gender symbolism of the feminine associated with the «protective interior» and the masculine associated with the «dangerous, non domesticated outside». By examining the metaphors of the uterus seen as a leather tent or a water goatskin, the treatment of the premature baby’s body with water containing tannin appears as a treatment which symbolically reinstates the women’s power of reproduction and restores the image of the womb as a sacred and inviolable space of life.

Key words: Twareg, Azawagh, pregnancy, miscarriage, premature baby, soul, rite, tent, tanning, womb.

«El niño qu no llegó asu lugar». Representaciones y atención al rededor de los prematuros entre los Tuaregs del Azawagh (Nigeria)

El autor explora en este artículo las representaciones y la atención dadas a los niños prematuros entre los Tuaregs del Azawagh, en Nigeria. El análisis de la teoría tuareg de la procreación y del desarrollo fetal muestra que el fin precoz de un embarazo (avortos espontáneos y nacimientos prematuros) resulta en esta sociedad de una insuficiencia de honor masculino que afecta el alma sensible del feto. El conjunto de estar representaciones se inscribe en el cuadro de los papeles femenino y masculino en la sociedad, asociando la mujer al interior protector y al hombre al exterior no domesticado y peligroso. Al estudiar las metáforas del útero asimilado a una tienda o a una obre de cuero, nos aparece que el tratamiento particular del cuerpo del niño prematuro humectado de una mezcla de agua con tanino restablece simbolicamente el poder creador femenino maltratado y restaura la imagen de la matriz como un espacio inviolable, base indispensable para toda la vida.

Palabras claves: Tuareg, Azawagh, embarazo, avorto espontáneo, prematuro, alma, rito, tienda, curtiembre, odre.

Lorsqu’un enfant vient au monde prématurément, les Touaregs de l’Azawagh le qualifient comme « un enfant qui n’est pas achevé » (barar wa wer nenda), « un enfant qui n’est pas mûr » (barar wa wer neηηa), « qui n’a pas atteint son heure » (wer néwéd alwaq-net) ou « un enfant qui n’a pas atteint son lieu » (barar wa wer néwéd édag-net).


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